Attendre un bébé pendant le confinement



Même si elles ne sont pas très nombreuses, on a quand même un certain nombre d'études qui ont été faites depuis le début de la pandémie à partir d'accouchements d'environ 200 femmes qui étaient atteintes du COVID-19. Ces différentes études arrivent aux mêmes conclusions qui sont de confirmer qu'il n'y a pas de transmission materno-fétales.

J'espère que c'est un point qui va quand même rassurer bon nombre de mamans.

Il faut aussi préciser que le risque de contamination pour les femmes enceintes est le même que pour le reste de la population générale donc il n'y a pas à avoir peur d'être contaminée parce qu'on est enceinte.

Cependant, le haut comité de la santé considère que les femmes enceintes au troisième trimestre de grossesse font partie des personnes à risque de développer une forme grave d'infection et c'est pour ça qu'a été mis en place un arrêt de travail pour les femmes enceintes au troisième trimestre. Elles n'ont pas même pas besoin d'aller voir leur médecin traitant, il suffit d'aller sur le site declare.ameli.fr pour pouvoir obtenir cet arrêt de travail.

Il me semble quand même important de préciser que si les femmes enceintes n'ont pas plus de risques d'être contaminées, elles n'en ont pas moins non plus, donc c'est vraiment important, quand on est enceinte aussi, de respecter les gestes barrières



Alors d'emblée, je réponds oui, il faut effectivement aller aux consultations de suivi de grossesse. Pour être plus précis, il y a eu un groupement des différentes instances nationales, que ce soit la Haute Autorité de Santé (HAS), le collège de gynéco-obstétriciens et le collège des sages-femmes. Ils se sont réunis et ont édicté un certain nombre de recommandations pour le suivi de la grossesse. L'objectif est de réduire au maximum le risque sanitaire, tout en continuant à avoir un bon suivi des grossesses.

Il faut déjà voir, qu'au départ, on va axer ses consultations autour des trois échographies, c'est-à-dire à 12, 22 et 32 semaines d'aménorrhée. Cela va donc correspondre aux consultations de 3ème, 5ème et 7ème mois. Pour les consultations du 4ème et du 6ème, on recommande plutôt, si c'est possible de les faire en téléconsultation et on va regrouper les consultations du 7ème et du 8ème mois en une seule fois. Pour la consultation du 9ème mois, qui va permettre de déterminer comment et où va se passer l'accouchement, on va privilégier de la maintenir en présentiel pour pouvoir consulter la patiente.

La consultation d'anesthésie, on va la faire par téléphone. Pour les cours de préparation à l'accouchement, il est désormais possible de les faire en téléconsultation, il convient de se renseigner auprès de sa sage-femme pour savoir si elle le fait. D'une manière générale, on privilégie un suivi par des praticiens libéraux, c'est à-dire en ville, de manière à décharger les hôpitaux. Après bien sûr, si vous avez besoin d'une consultation en urgence, il ne faut pas hésiter. Je conseille de contacter en premier votre praticien par téléphone et c'est avec lui que vous verrez s'il faut y aller ou pas. Mais ne pas négliger le suivi de la grossesse c'est vraiment important.



Même si votre voisin est effectivement confiné, je pense que ça fait tout de même parti des déplacements dérogatoires, il suffit que votre voisin coche sur son attestation « Déplacements pour motif familial impérieux, pour l'assistance aux personnes vulnérables ou la garde d'enfants ».

Il faut, bien sûr, qu'il y ait qu'une seule personne qui vienne vous chercher en voiture et puis, elle n'est pas nécessairement obligée de rentrer dans la maternité, elle peut vous appeler dès qu'elle est arrivée dans le parking, de manière que vous sortiez quand c'est possible.

Autrement, vous avez aussi la possibilité de faire appel à un taxi, il faut juste s'assurer auparavant, auprès du taxi, qu'il a la possibilité soit d'avoir lui-même un moyen de fixer un système de retenue du bébé, soit de fixer dans la voiture un siège auto ou une nacelle que vous aurez apporté.



Alors c'est une question légitime que se posent et qui inquiètent beaucoup de parents. La réponse va peut-être varier certaines fois d'un établissement à l'autre mais il y a quand même des recommandations qui ont été faites, là encore une fois, par le collège des gynécologues-obstétriciens et qui préconisent qu'un accompagnant, le papa ou autre, puisse assister à la naissance, donc venir avec la maman en salle de naissance et rester en salle d'accouchement pendant tout le travail et également durant les deux heures qui suivent l'accouchement.

Par contre, la personne ne doit pas sortir de la salle de naissance, c'est pour cela qu'il est quand même conseillé de prévoir dans le sac d'accouchement, des biscuits, des barres de céréales, des choses pour que papa puisse manger s'il a besoin.

De la même manière cet accompagnant ne doit pas sortir et s'il a besoin d'aller aux toilettes, il devra sonner. L'accompagnant va rester durant les deux heures qui suivent l'accouchement mais une fois ces deux heures écoulées, il devra sortir de la maternité et ne pas revenir durant tout le séjour. C'est-à-dire que généralement les séjours de suite de naissance se font sans visite.



Alors pour rassurer les mamans il n'y a pas de soucis, elles ne sont pas séparées de leur bébé et cela d'ailleurs qu'elles soient positives au COVID-19 ou pas. Les mamans qui sont positives au COVID-19 devront, par contre, porter un masque chirurgical pour ne pas risquer de contaminer leur enfant.

A côté de cela, il va falloir maintenir les mesures d'hygiène strictes pour vraiment éviter la contamination. C'est-à-dire qu'il faudra se laver régulièrement les mains à l'eau savonneuse et surtout, avant de s'occuper de son bébé. Pour le séjour, il faut aussi préciser que beaucoup de maternités ont réduit la durée du séjour et les mamans sortent 2 ou 3 jours après l'accouchement, avec une prise en charge et un suivi par les sages-femmes libérales à l'extérieur.



Les données scientifiques actuelles montrent qu'il n'y a pas de passage du virus dans le lait. Donc de ce fait là, on comprend bien qu'il n'y a aucun problème pour allaiter, que la maman soit contaminée ou pas par le COVID-19.

Bien sûr si elle est contaminée, il faudra qu'elle porte un masque pour protéger son enfant et ne pas risquer de le contaminer. Mais de toute façon si elle le contamine, la contamination se ferait comme pour ses autres enfants ou les autres personnes qu'elle peut croiser, par les postillons et pas du tout par le lait. C'est important de dire qu'il n'y a pas de passage du virus dans le lait.



La réponse à cette question va dépendre d'un laboratoire d'analyses médicales à l'autre.

En effet, cela va varier en fonction des mesures qui vont être mis en place pour éviter que les patients ne se croisent. Donc dans certains établissements ils vont vous donner un rendez-vous précis ou limiter le nombre de patients en même temps dans le laboratoire, comme dans les grandes surfaces, c'est-à-dire, qu'ils vous disent qu'il y a jusqu'à trois ou quatre personnes qui sont acceptées dans le laboratoire en même temps et les autres personnes attendent dans la rue en respectant toujours les limites de distanciation. Et puis sinon ils vont aussi pouvoir vous dire éventuellement de faire venir une infirmière à domicile.

Le mieux c'est d'appeler votre laboratoire avant pour voir avec eux ce qu'ils vous recommandent en fonction de ce qui est faisable dans votre secteur.



Non, il ne faut surtout pas repousser les examens. Ils ont des dates précises auxquelles ils doivent être fait et il faut les respecter.

L'échographie du premier trimestre, par exemple, doit se faire entre 11 semaines d'aménorrhées et 13 semaines et 6 jours et c'est des choses précises. On ne peut pas se permettre de repousser au-delà du confinement, d'autant plus qu'on ne sait pas exactement quand est-ce qu'il s'arrêtera.



Je comprends tout à fait que cette situation puisse vous inquiéter et j'espère d'ailleurs que votre mari respecte bien les gestes barrières. Malheureusement, ce n'est pas du tout prévu dans les textes que les conjoints de femmes enceintes au troisième trimestre s'arrêtent.

Les femmes au troisième trimestre sont arrêtées parce qu'elles ont un risque plus important de développer des formes graves mais à côté de cela elles n'ont pas plus de risques d'être contaminées que d'autres personnes.



Il me semble important de rassurer les femmes sur la venue à l'hôpital. En fin de compte, lorsque vous venez en salle de naissance, vous n'êtes pas confrontées aux femmes positives au COVID-19.

Souvent, les femmes, mêmes celles qui viennent pour l'accouchement, et qui sont positives au COVID-19, sont mises à part des autres femmes et sont isolées. Donc vous n'avez pas à vous inquiéter par rapport à ça, l'hôpital n'est pas un endroit si risqué que ça et vous pouvez venir, que ce soit en consultation ou en salle de naissance.

Qui plus est, l'accouchement à la maison c'est quelque chose qui se prépare à l'avance. On ne décide pas comme cela d'un seul coup d'accoucher à la maison, c'est quelque chose qui se prépare avec une sage-femme qui est prête à faire des accouchements à la maison. Or, en France, il y a de moins en moins de sages-femmes qui proposent ça car il y a des problèmes d'assurance qui ne permettent pas forcément facilement de faire des accouchements à la maison.

Si vraiment c'est un choix que vous avez fait en amont, c'est tout à fait possible, à envisager et il faut chercher une sage-femme pour ça mais on ne peut pas prévoir de faire un accouchement à la maison seulement pour éviter d'attraper le COVID-19.